-D’où viennent vos asperges, Madame?
- Du Québec, c’est écrit sur l’élastique…
- Mais où au Québec?
- ……!!!!!……
avec un air surpris, du Québec.


Ce n’est pas toujours simple de connaître l’origine précis des aliments. Habituellement, au marché, on peut sans trop de difficultés, avoir une bonne idée de la provenance à quelques kilomètres près. En fin de semaine, les oignons verts venaient de Ste-Madeleine, les asperges et les crosses de violons de Chateauguay, les tomates de Mirabel et les concombres libanais, de Les Cèdres (Grammaticalement on dit ‘de Les Cèdres’ ou ‘Des Cèdres’ si le village s’appelle Les Cèdres?). Chaque marchand pouvait assez rapidement nous donner ces indications. Ce n’est pas la même chose pour les fruiteries où la réponse ressemble plutot au dialogue ci-haut. En poussant un peu plus, nous aurions pu probablement parler avec le gérant qui nous aurait fièrement affirmé que les légumes provenaient du “centre de distribution de Boucherville”.

j’ai également essayé, il y a quelques semaines, le service à la clientèle d’une marque de jus de fruits pour connaître la provenance de leurs pommes. J’attends toujours une réponse.

En fait, tout réside dans le nombre d’intermédiaires. À la manière du téléphone arabe, plus le nombre augmente, plus l’information se perd. En parlant avec le maraîcher, les paroles viennent de la source même. Dans certains cas, les marchands regroupent les produits de plusieurs entreprises entre la ferme et le marché mais il n’y a qu’un intermédiaire. Dès que les produits transitent par le marché central ou un centre de distribution, la tracabilité diminue exponentiellement. À moins bien sûr que le producteur investisse dans une image de marque (comme c’est le cas pour les tomates de serres)