En ce moment, une bataille titanesque se prépare entre les producteurs de produits naturels, les grands pharmaceutiques et Santé Canada. Au mois d’avril, le projet de loi C-51 est passé en première lecture au Parlement. En bref, si elle est approuvée, cette loi permettrait à Santé Canada de déclarer et de contrôler tout produit alimentaire ou thérapeutique. Un peu à la manière du projet de retirer les crédits d’impôts au cinéma hors-norme, ce projet de loi permet au ministère d’interdire la collecte, la préparation, la préservation, la distribution de produit thérapeutique. Les opposants donnent en exemple la future illégalité de donner des graines de lin ou de la camomille à des enfants. J’ajouterais à la liste une petite dose de jus de pruneaux pour améliorer la régularité.
Sécurité oblige, les inspecteurs auraient également des pouvoirs digne d’une équipe de contre-terrorisme. Dès sa mise en oeuvre, les produits naturels devraient passer à travers les mêmes processus d’approbation que les médicaments. On parle ici, entre autres, de produit sutilisés depuis longtemps en alimentation et auxquels la science ou l’usage a montré des vertus thérapeutiques.
Bizarrement, la nouvelle ne semble pas avoir fait la manchette dans les quotidiens et les blogues francophones alors que les appels à l’action prennent de l’ampleur de l’autre côté de la rivière. Le parti vert s’insurge également contre le projet. Une pétition contre le projet est disponible sur le net. Au fait, la réponse du gouvernment ne s’est pas fait attendre très longtemps.
Définitivement, le gouvernement adore le thème de la sécurité et de la sureté. On veut notre bien, on veut que nous faisions des choix sensés, sans trop douter, questionner ou sortir de la norme. Pendant ce temps, les multi-nationales lobbient pour plus de pouvoirs et de gains. Une espèce de déjà-lu.

Le monde comprend, de mieux en mieux, la 