23 Mai 2008

Comme je l’écrivais plus tôt, nous aurons besoin de 3 ingrédients essentiels pour faire nos conserves. Il est clair que le sel est hors portée pour le défi. Pour le sucre, il y a plusieurs possibilités, nous pourrions utiliser le sirop d’érable en ajustant la dose ou du miel mais les quantités seraient assez importantes, surtout si nous faisons des biscuits et des muffins. Des alternatives existent: le sirop de maïs, le sucre de betterave, la cassonade et la mélasse. Malheureusement, toutes ces options sont plus ou moins local.

Bien que Lantic produise du sucre à la raffinerie de la rue Notre-Dame, il importe son ingrédient de base des Tropiques. Même problème pour la cassonade et la mélasse qui proviennent aussi de la canne à sucre.

La betterave pourrait être une option viable. Elle a été cultivée pendant près de 100 ans en Montérégie mais la betterave sucrière ne fait plus partie du paysage montérégien depuis 1986. La vielle raffinerie de sucre du Québec à Mont-St-Hilaire produisait du sucre depuis 1943 quand Lantic l’a fermée en 1986. Il faut dire que ce n’était pas rentable. La culture de betterave s’est maintenant transféré en Alberta. Pour l’instant impossible de trouver un petit producteur local de betteraves sucrières dans notre rayon d’action.

Quant au sirop de maïs, on peut difficilement cautionner sa production industrielle. Nous devrons donc nous en remettre au sirop d’érable et au miel. Il reste également le sucre de la fonderie Darling

22 Mai 2008

Ce soir à l’émission Cultivé et bien élevé, on présentait la ferme piscicole des Bobines. Celle-ci est située à East Hereford (171km) aux limites de notre rayon d’action à la frontière avec le New Hampshire. On pourra donc s’approvisionner là-bas pour notre poisson. Comme ils préparent de la truite fumée, on pourra continuer à manger des oeufs bénédictines…

21 Mai 2008

J’ai fini, dans l’autobus pour Montréal, le livre de William McDonough et Michael Braungart, Cradle to cradle. Quelques points de vue m’ont vraiment frappé.

Est-ce normal qu’un emballage ait une durée de vie 1000 fois plus longue que le produit qu’il contient?

À l’épicerie ce soir, j’ai regardé la barquette de styromousse d’un autre oeil en me disant que si celle-ci était en maïs ou en patates, elle pourrait se décomposer tout simplement dans le fond du composteur au lieu de se déaggréger pendant 500 ans.

J’ai également pensé à McDonough et Braungart après avoir lu la chronique de David Suzuki sur l’eau embouteillée. Difficile de penser que la production de la bouteille prend plus d’eau que le volume contenu.

Il va vraiment falloir repenser nos façons de penser.

20 Mai 2008

En fin de semaine, j’étais à environ 250km du lieu de production du Maine sea salt avec eux. En vélo à Ogunquit, j’ai testé le concept de la nourriture locale le plus possible. Je suis chanceux, la Nouvelle-Angleterre a des bons produits.

Pour l’apéro, une bière de micro-brasserie de Portland (42km), un homard fraîchement pêché au large des côtes de Cape Neddick et pour la fin un gateau aux carottes qu’on annonce “local”. Les ingrédients ne sont probablement pas 100% local mais l’effort y était. Pas facile, dans un restaurant de demander si l’huile de friture est locale.

Quant au sel, après avoir fait tant de recherche sur le net pour trouver un sel quasi local, je suis passé par l’épicerie, le marché sans jamais y penser. Une heure avant le départ pour la maison, j’ai demandé dans une fabrique de Salty Water Taffy mais on m’a annoncé que comme la saison touristique n’était pas commencer, j’en trouverais seulement dans une boutique gourmet à environs 3 miles dans les terres. Le temps manquait, j’ai donc dû oublier le sel du Maine ( j’ai quand même rapporté des taffy et du fudge :) )

15 Mai 2008

En ce moment, une bataille titanesque se prépare entre les producteurs de produits naturels, les grands pharmaceutiques et Santé Canada. Au mois d’avril, le projet de loi C-51 est passé en première lecture au Parlement. En bref, si elle est approuvée, cette loi permettrait à Santé Canada de déclarer et de contrôler tout produit alimentaire ou thérapeutique. Un peu à la manière du projet de retirer les crédits d’impôts au cinéma hors-norme, ce projet de loi permet au ministère d’interdire la collecte, la préparation, la préservation, la distribution de produit thérapeutique. Les opposants donnent en exemple la future illégalité de donner des graines de lin ou de la camomille à des enfants. J’ajouterais à la liste une petite dose de jus de pruneaux pour améliorer la régularité.

Sécurité oblige, les inspecteurs auraient également des pouvoirs digne d’une équipe de contre-terrorisme. Dès sa mise en oeuvre, les produits naturels devraient passer à travers les mêmes processus d’approbation que les médicaments. On parle ici, entre autres, de produit sutilisés depuis longtemps en alimentation et auxquels la science ou l’usage a montré des vertus thérapeutiques.

Bizarrement, la nouvelle ne semble pas avoir fait la manchette dans les quotidiens et les blogues francophones alors que les appels à l’action prennent de l’ampleur de l’autre côté de la rivière. Le parti vert s’insurge également contre le projet. Une pétition contre le projet est disponible sur le net. Au fait, la réponse du gouvernment ne s’est pas fait attendre très longtemps.

Définitivement, le gouvernement adore le thème de la sécurité et de la sureté. On veut notre bien, on veut que nous faisions des choix sensés, sans trop douter, questionner ou sortir de la norme. Pendant ce temps, les multi-nationales lobbient pour plus de pouvoirs et de gains. Une espèce de déjà-lu.

13 Mai 2008

Dimanche en préparant les têtes-de-violons, il y avait 3 ingrédients essentiels qui ont suscité mon intérêt dans le cadre du défi. Le sel, le sucre et le vinaigre peuvent-ils être d’origine locale?

Pour le sel, la plus proche mine est à 425 km au sud près de Ithaca dans l’état de New York alors que les mines de Sifto Canada sur les rives du lac Huron sont à 670km dans le fameux bassin du Michigan, un secteur riche en sel. Au Québec, les mines de sels des Iles-de-la-Madeleine sont à 900km. Ce n’est pas la porte! Techniquement, il est donc impensable de trouver du sel “local” dans un rayon de 200 km de Montréal. Il faudra attendre une visite aux Iles pour en acheter.

L’alternative aux mines de sel est un sel produit par évaporation solaire. L’eau de mer est tout simplement évaporée et les cristaux de sel se forme à la surface. Un procédé simple et éprouvé employé partout dans les tropiques. Le producteur le plus proche est dans l’état du Maine à 481 km de la maison. Encore une fois, trop loin. À moins bien sûr d’une petite visite sur les côtes du Maine.

12 Mai 2008

Une belle trouvaille sur un thème peu exploité dans les médias de masse.

11 Mai 2008

La portion extérieure du marché Jean-Talon est maintenant ouverte. Beaucoup d’étals de produits locaux. On doit prévoir des réserves pour les mois d’hiver, et pourquoi pas des tête-de-violons. Celles-ci seront délicieuses en janvier, quand nous serons tannés des rabioles et autres légumes-racines.

À ma grande surprise, elles n’étaient pas sur les étals. J’en ai finalement trouvé une caisse en provenance de St-Joseph de Oka (50km) dans l’arrière-boutique d’un marchand. Le marchand m’a indiqué que la saison n’était pas très bonne cette année. Pourtant, j’ai l’impression qu’au marché d’Ottawa, il en aura suffisamment pour tous (je vérifie ça dès demain). Serait-ce que les montréalais n’apprécient pas cette verdure?

C’est vrai que leur préparation demande un peu de temps de nettoyage mais mélangés avec des pâtes et du parmesan, c’est déliceux. En prévision du long hiver, le kilo de têtes est passé en marinade dans les pots Mason.

En passant dans les allées, j’ai également vu que les asperges du Québec pointaient doucement leur nez sur les étals entre les poireaux et les nouveaux choux.

9 Mai 2008

Depuis quelques semaines, les plantes du jardin ont recommencé à pousser. Quelques surprises laissées par le propriétaires sont apparues probablement protégées du gel par la neige abondante de l’hiver. Ainsi, quatres laitues Boston rouge ont formé quelques feuilles alors que les tiges vert tendre des carottes sont hérissées dans le rang suivant. Il faut aussi compter sur les pissenlits toujours aussi présents et quelques petits oignons perdus ici et là. Il n’y a rien pour nourrir une armée mais cela pourra suffir pour une ou deux salades.

Un vieux raddichio qui veut pousser dans le fond du frigo ira rejoindre probablement les Boston, le temps du saison.

7 Mai 2008

En prévision du défi, il faut commencer à prévoir des aliments pour les prochains mois (surtout les mois d’hiver). Les têtes-de-violons annoncent l’arrivée des premières récoltes. L’an passé, nous en avions congelé un gros ziploc, cette année, on tentera en marinade. Du coté de l’Ontario, les têtes-de-violons arrivent avec leur voisines de sous-bois, l‘ail des bois. que l’on en retrouve sur les étals du Marché By. Difficile de dire devant les bocaux d’ail vinaigrée si celle-ci vient vraiment de l’Ontario ou si elle a été braconnée de l’autre côté de la rivière. Un chose est sure, l’amende est salée pour qui ce fait prendre.

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